Visuels
CAPRIOLO Domenico
Portrait d'homme
1494, Venise 1528, Trévise
- 061 x 045 cm
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- 000
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- Photographie : Pierre Mignot
Hist. : Collection indéterminée (collections royales ? collection d’un émigré ?) ; se trouve au Muséum Central des Arts sous la Révolution ; envoyé au Musée de Nancy en 1803 ; mentionné dans l'État des tableaux délivrés à la Ville de Nancy par la direction du Musée Central des Arts, 1er envoi de 20 tableaux : « 16 École hollandaise, Portrait d’homme, 1 pi 10 po x 1 pi 4 po (sans provenance) » ; mentionné dans le Mémoire des restaurations des tableaux du Musée de la Ville de Nancy remis en état par le citoyen Michau et ses collègues sous la surveillance du Directeur général du Muséum Central des Arts, 27 juillet 1804 : « 16 École hollandaise Portrait d’homme demie figure. Nettoyer, mastiqué les fentes, restauré et vernis » (attribué à l'école vénitienne dans l'inventaire).
Cat. : 1825, n°29 (école vénitienne) ; 1845, n°32 (id.) ; 1854, n°33 5id.) ; 1866, n°59 (id.) ; 1883, n°124 (id.) ; 1889, n°59 (id.) ; 1897, n°182 (id.) ; 1909, n°12 (Bartolomeo Veneto).
Bibl. : Crowe et Cavalcaselle, 1871, t. III, p. 483 et 484 ; Venturi, 1889, p. 438 et 439 ; Spahn, 1932, p. 30 et 31, n°4 ; Gombosi, 1937, repr. p. 127 ; Berenson, 1963, t. I, p. 12 ; Fossaluzza, 1989, p. 144, 146 et 148, repr. 26 ; Gelly-Saldias, 2001, n°121, p. 170 et 171, repr.
Ce portrait vénitien de belle qualité fut attribué à Palma Vecchio (Serina, Bergame, vers 1480 - Venise, 1528) par J. A. Crowe et G. B. Cavalcaselle (1871), ce qui fut contesté par G. Gombosi, auteur d'une monographie sur cet artiste, qui donne le tableau à l'école vénitienne vers 1515 (1937) ; ensuite à Bartolomeo Veneto (Venise, fin XVe - 1531) par A. Venturi (1889) puis B. Berenson (1963) ; enfin pour copie d’un original perdu de Palma Vecchio par F. Heinemann (comm. écrite, 1959). En 1989, G. Fossaluzza a rendu ce portrait à l'œuvre de Domenico Capriolo, artiste vénitien influencé par l’art de Palma Vecchio, actif à Trévise de 1517 à sa mort en 1528, « un de ces petits maîtres dont l’activité se limite à une étroite aire géographique dans laquelle il élabore un style tout personnel […] un language fixé une fois pour toute ». Capriolo fut non seulement peintre de chevalet mais aussi décorateur et auteur de fresques, notamment de celles réalisées en 1528 pour la Casa di Costantino Robegan à Trévise. Réexaminant l’ensemble du catalogue des œuvres de Capriolo et de ses caractéristiques stylistiques, G. Fossaluzza date le tableau nancéien vers 1528, année de la mort de l’artiste, et le rapproche d’un de ses portraits attestés : le Portrait d'homme, signé et daté 1528, conservé au Museum Bowes de Barnard Castle en Angleterre. Les deux tableaux sont en effet très proches par leur composition et leur style : présentation identique du personnage bloqué à l’avant par une balustrade et à l’arrière par un mur, ouverture identique sur un paysage (dans le tableau nancéien, il semble s’agir de l’église San Gregorio de Venise), même type de personnage masculin moustachu, style similaire marqué par une recherche de synthèse des volumes des corps, une volonté de netteté et de rigeur dans le dessin, une insistance analytique des traits, tempérée par la douceur de la gamme chromatique.
Envoyée au Musée de Nancy en 1803, l'œuvre est mentionnée dans le Mémoire de restaurationde Michau, qui travailla aux restaurations du premier lot de tableaux entre le 17 novembre 1802 et le 8 février 1803, où il indique qu’il a « mastiqué les fentes ». Le tableau était en effet au départ sur bois ; il fut transposé sur toile en 1920 par Monsieur Lavicher, restaurateur.