Visuels
BAROCCI Federico (BAROCHE) (atelier de)
L'Annonciation
Urbino, 1526 Urbino, 1612
- 300 x 176 cm
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- 000
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- Photographie : Gilbert Mangin
Hist. : Provient de la cathédrale de Pesaro ; saisi en 1797 et transporté à Paris le 27 juillet 1798 au Muséum Central des Arts ; envoi de l'État au Musée de Nancy en 1804 ; mentionné dans l’État des tableaux choisis, par la Commission chargée de la formation des Musées de la République, Nancy, 1801 : “ 14 Baroccio, pour le n°2 retiré, L’Annonciation, 9 pi 4 po x 5 pi 6 po, à nettoyer et cha[…] ” ; État des tableaux délivrés à la ville de Nancy par la direction du Musée Central des Arts, second envoi de 22 tableaux : “ 2 Baroche, L’Annonciation ou La Vierge au chat, 9 pi 4 po x 5 pi 6 po [sans mention de provenance] ” ; Note des tableaux rentoilés, parquetés et tendus pour le Musée de Nancy, Dept de la Meurthe, 27 juillet 1804. N°1 par Hacquin, restaurateur de tableaux, 27 juillet 1804 : “ Barroche, L’Annonciation, rentoilé même prix que cy dessus [1f35c le pied] : [biffé 68f20] 63f45 ” ; Mémoire des restaurations des tableaux du Musée de la Ville de Nancy remis en état par le citoyen Michau et ses collègues sous la surveillance du Directeur général du Musée Central des Arts, 27 juillet 1804 : « 2 Barroche, L’Annonciation, appelée La Vierge au chat. Nettoyer ôter quelques repeins. Refait les deux angles carré de cintré qu’il était. Restaurer beaucoup de partie du tableau. Mis d’accord et vernis différentes fois. »
Cat. : 1825, n°17 (Le Baroche) ; 1845, n°2 (Barocci) ; 1854, n°2 (id.) ; 1863, n°3 (id.) ; 1866, n°6 (id.) ; 1875, n°5 (id.) ; 1883, n°8 (id.) ; 1889, n°6 (id.) ; 1897, n°7 (Baroche) ; 1909, n°7 (id.).
Bibl. : Cochin, 1773, t. I, p. 92-93 ; Becci, 1783, p.24 ; De La Lande, 1786, VIII, p. 154-155 et 179 ; Blumer, 1936, p. 261, n°79 ; Olsen, 1962, p. 177 et 178 ; Laclotte et Ressort, 1974, p. 2, n°48A ; Pétry, 1989, p. 14, repr. p. 18 ; Brejon de Lavergnée, 1993, p. 114 et 122, repr. 139 ; Gelly-Saldias, 1999, p. 34 ; Gelly-Saldias, 2001, n°141, p. 189, repr. ; Droghini, 2003, n°5, p. 154, repr. P. 155 ; Bartolucci, 2005, n°310, p. 212, repr.
Exp. : Kanazawa - Hokkaido, 1994, n°2, p. 232-233, repr. p. 39 (Gelly-Saldias) ; Parme, 1997, n°1, repr. p.19 (Gelly-Saldias).
Le duc d'Urbin commanda à Baroche une Annonciation pour la chapelle de Francesco Maria II dans la basilique de Lorette. Exécutée entre 1582 et 1584, cette oeuvre, très usée, est actuellement conservée à Rome, à la Pinacothèque du Vatican. Elle reste l'une des créations les plus célèbres de Baroche. Il en existe de très nombreux dessins (détails et ensemble) et des esquisses préparatoires. L'oeuvre fut aussi gravée à plusieurs reprises. Le succès de cette composition fut tel que le peintre et son atelier en réalisèrent de nombreuses répliques. H. Olsen (1962) donne la liste de toutes les toiles réalisées à partir de L'Annonciation. La version de Nancy, de grande qualité, a été réalisée pour la cathédrale de Pesaro « cinquième autel à droite », dans le duché d’Urbin. A. Emiliani ne mentionne pas la version de Nancy dans son ouvrage sur Barroche (1985) mais l’attribue (comm. écrite, 1993) à un de ses élèves, actif à Pérouse : Felice Pellegrini (Pérouse, 1579 – Pérouse, 1630). Pour A. Emiliani, la présence du Père éternel bénissant, en haut de la toile, originellement cintrée, rapproche l’oeuvre nancéienne de la version de l'église Santa Maria degli Angeli à Assise, exécutée par son jeune élève Felice Pellegrini, vers 1596, autre variante de L'Annonciation du Vatican. La version nancéienne, postérieure, est cependant plus resserrée sur les personnages, et compte ainsi beaucoup moins de détails mobiliers.
Enlevée en 1797 à la cathédrale de Pesaro par les troupes françaises, l’œuvre, appelée aussi La Vierge au chat dans les archives, fit partie du convoi le plus prestigieux en provenance de la péninsule, à destination du Muséum Central des Arts à Paris, où elle arriva le 27 juillet 1798. Parmi les collections italiennes du Musée des Beaux-Arts de Nancy, c’est avec Le Songe de Jacob de Cigoli (voir n°42), saisi à Modène, les deux “ conquêtes artistiques ” faites durant les guerres de la Révolution et envoyées à Nancy, suite au décret Chaptal de 1801. L’Annonciation du Baroche fut choisie pour les envois de l’État, en remplacement d’un tableau de Rubens « 2 Les Ames du purgatoire (10 pi x 7 pi 3 po) », retiré du lot de Nancy. Lors des restaurations entreprises en vue de l’envoi des œuvres à Nancy, le tableau fut agrandi et mis au carré. En 1815, les États italiens réclamèrent la restitution des tableaux confisqués durant la Révolution, et parmi ceux-ci, celle de L’Annonciation. L’œuvre ne fut pas renvoyée.