Visuels
BASSANO Jacopo Jacopo da Ponte dit
Portrait de Francesco Soranzo
Bassano, vers 1510 Bassano, 1592
- 057 x 049 cm
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- Photographie : Claude Philippot
Hist. : Collection Don Gaspar de Haro y Guzman, 1683, Naples ; collection Victor Poirel ; don de Madame veuve Poirel en 1882 (in Procès-verbal d’estimation de la galerie des tableaux donnée à la ville de Nancy par Madame veuve Poirel, 22 mai 1882 : n°22, Pordenone).
Cat. : 1883, n°156 (école italienne, XVIIe siècle) ; 1897, n°75 (id.) ; 1909, n°81 (id.).
Bibl. : Berenson, 1895, p. 288-289 ; 1901, p. 223-224 ; 1957, t. I, p. 104 ; Gamba, 1929, p. 65 ; Escholier, 1935, repr. III ; Boschetto, 1953, p. 109 ; Bianconi, 1955 ; Camesasca, 1967, repr. p. 84 ; Mariani-Canova, 1975, p. 124, n°374 ; Rearick, 1980, p. 104, repr. 2 ; Rearick, 1992, p. LXII, LXVI, repr. 6.
Exp. : Paris, 1935, p. 120, n°261 (Gilles de La Tourette) ; Venise, 1953, p. 138, n°84, repr. 139 (Zampetti) ; Liège, 1964-1965, n°4 (Rouart) ; Paris, 1998, p. 66 à 68 et 104, repr. p.12 et 66 (Habert).
Au verso sur la toile, en bas, surmonté d’une couronne : DGH/271.
Les tentatives d'identification du modèle comme de l'artiste ont fait couler beaucoup d'encre. B. Berenson, le premier, attribue ce tableau à Lorenzo Lotto, vers 1550, et y voit un des portraits cités dans le "Libro dei Conti". C. Gamba reprend en 1929 l'attribution à Lotto et affirme qu'il s'agit d'un portrait de Michel-Ange que Lotto aurait pu peindre en 1529 lors du séjour de Buonarroti à Venise. M. Zampetti et E. Camesasca reprennent cette hypothèse de manière plus réservée. En 1953, A. Boschetto citait la possibilité émise par R. Longhi d'une attribution à Brusacorci. La physionomie du modèle est certes assez proche des différents portraits présumés de Michel-Ange, notamment ceux cités par E. Camesasca.
En 1980, W. R. Rearick apporte une nouvelle réflexion sur ce portrait de l'école vénitienne. Il y voit l'un des tout premiers portraits indépendants peints par Jacopo Bassano. La simplicité de la mise en page ainsi que l'approche non sophistiquée mais claire et directe, datent l'oeuvre des années de jeunesse de l'artiste, vers 1536. Cette date se trouve confirmée par l'identification du personnage.
Pour W. R. Rearick, il s'agit du portrait de Francesco Soranzo, membre d’une grande famille vénitienne, et frère de Matteo Soranzo, gouverneur de Bassano. La comparaison de ce portrait avec un tableau conservé au Museo Civico de Bassano ne laisse aucun doute sur l’identification : Le Podestat de Bassano, Matteo Soranzo avec sa fille Lucia et son frère Francesco présentés par sainte Lucie, saint Francesco et saint Matteo à la Vierge à l'Enfant (153 x 249 cm), exécuté en 1536. Francesco Soranzo, en pied, apparaît à l'extrême gauche du tableau. Matteo Soranzo devint gouverneur de Bassano en 1536, et Jacopo Bassano obtint de lui de nombreuses commandes de 1536 à 1546.
Ce portrait fut probablement coupé ; il comporte en bas à gauche un début de volute, qui devait entourer l’ensemble du tableau, créant un cadre illusionniste. J. Habert a identifié le monogramme découvert au cours du rentoilage de l’œuvre effectué en 1994 : il s’agit du monogramme de Don Gaspar de Haro y Guzman, marquis Del Carpio, vice-roi de Naples de 1683 à 1687 et grand mécène. Le chiffre correspond au numéro de l’inventaire des collections du Palazzo Reale de Naples, établi en 1683 : “ Nella stanza quinta seguente del […] Appartamento nobile ”. L’œuvre est alors donnée à Daniele da Volterra.